Le 02 février 2008, par Grégory Jurado (Président du réseau Pince Oreilles)Madame la Sénatrice, Nicole Bricq
Monsieur le Conseiller Régional et Maire de Chelles, cher Jean-paul Planchou
Monsieur le Président du Conseil Général, cher Vincent Eblé
Messieurs les élus
Chers amis
Tout d'abord, au nom de tout le réseau, je vous remercie d'avoir répondu présent et d'être venu partager ce moment.
Le réseau Pince oreilles et ses adhérents n'ont cessé depuis 1999 de se développer et
d'évoluer. C'est tour d'abord le nombre d'adhérents qui a sensiblement augmenté tout au long de ces années et a permis au réseau de s'enrichir grâce à la diversité des structures et des
projets.
Cette richesse est constamment mise à profit dans nos différents travaux qui ont pour objectifs d'aider chaque adhérent à se développer et s'épanouir, sans jamais oublier la finalité de nos actions : le citoyen seine et marnais et bien sûr le musicien seine et marnais.
Notre réseau s'est bâti au fur et à mesure et est arrivé, aujourd'hui, à une phase de maturité qui lui permet des ambitions de plus en plus assumées vis-à-vis de ses adhérents mais aussi vis-à-vis des pouvoirs publics qui veulent bien s'appuyer sur ses initiatives et sa capacité d'expertise en faveur du développement des musiques actuelles en Seine et Marne.
Le Conseil Général de Seine-et-Marne, a montré à travers les Rencontres de la Jeunesse sa volonté d’agir en prenant en compte les désirs, les idées, et les initiatives de la population.
Aujourd’hui, de nombreux indicateurs mettent en évidence la place que la musique occupe pour les seine-et-marnais. Les résultats de l'enquête menée par le Conseil Général montrent qu’ils sont 25% à estimer qu'en matière culturelle, c'est de salles de concert dont le département a le plus besoin.
Ils sont également 75% à estimer qu'en matière culturelle, il faudrait "en priorité favoriser la construction de petits équipements intercommunaux culturels de proximité" (Seine-et-Marne Magazine d'avril 2006).
Les « Rencontres de la Jeunesse », ont aussi montré l’intérêt que les jeunes portent aux musiques actuelles, et qu’ils sont plus de 55 000 à fréquenter les concerts.
Depuis quelques années, la Seine-et-Marne apparaît comme un département dynamique dans notre champ musical. De nouveaux équipements ont été créés. Les groupes de musique se professionnalisent, et se font connaître en dehors de nos frontières. Tout ceci est le fruit de la structuration des acteurs et de leur professionnalisation progressive. Mais, parallèlement, ces acteurs affrontent un contexte économique et social difficile et manquent souvent de perspectives pour mieux répondre aux attentes des habitants.
La rencontre qui a eu lieu à Bourges, avec vous Monsieur le Président et vos services, a été un moment
fort pour notre réseau et ses adhérents. Aujourd'hui nous sommes mieux pris en compte. La signature de cette convention est une première réponse forte à un rapprochement logique et nécessaire sur
notre territoire. Fort de notre Etat de lieux et de son diagnostic partagé, nous allons pouvoir favoriser un meilleur soutien des acteurs existants et contribuer aux problématiques, si ardues en
Seine et marne, d'aménagement du territoire.
Je souhaite également, ce soir, évoquer notre secteur d'activités et mettre en lumière certaines de ses spécificités
Au regard des politiques culturelles je n'hésite plus à qualifier les musiques actuelles d'exception de l'exception : comprenez exception de notre si fameuse et si spécifique "exception culturelle" française. Mais bien qu'il ne faille pas oublier cette spécificité (et j'y reviendrai), je voudrais plutôt ce soir souligner certaines de nos forces. Il semble en effet que nous ne sachions pas bien nous vendre, nous préférons effectivement nous légitimer, exercice plus compliqué donnant des résultats moins rapides mais sûrement plus probants à long terme.
Derrière chaque adhérent, des forces vives, des équipes, ne relâchent jamais leur effort en direction des populations. Quelles que soient les conditions elles font preuve d'une volonté inébranlable d'avancer.
Nous ne comptons plus les rencontres professionnelles, les séminaires, les études, les Conseils d'administration passionnés se terminant à 2h00 du matin.
Et ces discussions, ces rencontres, ces implications portent sur des champs aussi variés que le champ social (intégration, mixité, insertion professionnelle), le champ culturel (respect des identités de chacun), le champ éducatif (actions en milieu scolaire), ou encore la santé (risques auditifs) et bien sûr le champ artistique.
Permettez-moi de m'attarder sur ce dernier point car il est le socle de notre action : et il me semble important de préciser que nous dépassons et prolongeons l'objectif de Culture pour tous par l'objectif de Culture par tous. L'un servant intelligemment l'autre et vice et versa.
Et vous l'aurez donc compris, nos projets ne se limitent pas à la production et à la diffusion d'œuvres.
Certaines collectivités territoriales l'ont bien compris et c'est là la deuxième force que je souhaite souligner ici. Ainsi les collectivités soucieuses de mettre le citoyen au cœur de leurs préoccupations et cherchant à préserver la cohésion sociale sur leur territoire ont compris l'importance d'équipements, de manifestations; d'actions où se croisent rappeurs et rockers, retraités et adolescents… Où se croisent amateurs et professionnels… Des équipements ou des manifestations où l'on peut être un jour spectateur et le lendemain acteur.
Voilà pourquoi notre secteur d'activités a une portée à la fois culturelle, artistique, sociale…
Portée que nous retrouvons dans la convention que nous nous apprêtons à signer
Convention, qui est à la fois le résultat d'un constat mais DOIT AVANT TOUT CONSTITUER LA BASE DE LA CONSTRUCTION d'une politique
pérenne dans notre département en faveur des musiques actuelles. Je le disais précédemment, le réseau souhaite contribuer à dégager les problématiques mais surtout contribuer à mettre en œuvre
les préconisations et les projets qui en découlent.
Enfin, bien que cette soirée soit l'occasion de mettre en lumière un rapprochement précieux et positif, difficile de ne pas évoquer la conjoncture actuelle et les lourdes menaces qui pèsent sur
le spectacle vivant tout entier. L'Etat semble décidé à se consacrer à ses grandes institutions, à se consacrer pleinement à son effort de démocratisation culturelle. On évaluera même
quantitativement ces objectifs ! Quid de la qualité, du contenu, des méthodes, du suivi, des pratiques ? A-t-on oublié la convention sur la promotion et la défense de la diversité culturelle de
l'Unesco pourtant signée à paris en 2005 ? Celle-ci place, en effet, le citoyen et ses pratiques comme moteur de l'intervention publique.
Je reste cependant plein d'espoir car les enjeux liés à cette politique culturelle nationale dévastatrice ne fait que renforcer les liens des acteurs culturels de chaque territoire, et ne fait que renforcer la motivation et l'énergie qui contribuent à la construction progressive d'un "penser global" (PENSER) issu de chaque territoire qui saura transcender le "pansez global"(PANSER) du ministère de la Culture qui dure depuis bien trop longtemps (fonds transitoire des intermittents, saupoudrage de subventions…)
En tous cas, en Seine et marne, nous construisons désormais ensemble !
Enfin je souhaiterais conclure par l'extrait d'un texte édifiant tant il colle à l'actualité.
"On pourvoit à l’éclairage des villes, on allume tous les soirs, et on fait très bien, des réverbères dans les carrefours, dans les
places publiques ; quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire dans le monde moral et qu’il faut allumer des flambeaux dans les esprits ?"