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Alors qu'un rapport sur le soutien de l'Etat aux musiques dites actuelles souligne les besoins de ce  champ artistique, alors que le CSMA (2) est au travail depuis maintenant 2 ans, alors que le projet de loi de finances 2008 (3) reconnaît dans les salles de musiques actuelles des "institutions très populaires et fréquentées par un public diversifié", alors que les collectivités territoriales s’approprient de plus en plus les enjeux liés à ces pratiques, alors que des problématiques transversales majeures (risques auditifs, liens avec le milieu scolaire, lutte contre l’exclusion, éducation artistique, enseignement de la musique….) sont au cœur des préoccupations des acteurs de terrains, alors que ceux-ci travaillent sans relâche à développer et structurer le secteur : l’Etat, au vu de son  budget "Culture" 2008, semble décider à se désengager au détriment de tous les besoins, de toutes les réalités et faisant fi de toutes les répercussions.

Certes les musiques actuelles ne sont pas seules menacées, et c’est bien l’ensemble du spectacle vivant qui est en ligne de mire. Mais étant déjà, au regard des politiques menées et des financements, l’exception de l’exception (culturelle), notre secteur serait d’autant plus fragilisé si il passait de "pas grand-chose" au "quasi-néant".

Au-delà des aspects financiers, l’Etat ne semble pas à un paradoxe près, si l’on confronte la lettre de mission (4) du Président de la République à sa Ministre de la Culture, à la convention de l’Unesco (5) sur la "diversité culturelle" ratifiée par la France. Ce texte place le citoyen comme le déclencheur des politiques culturelles et définit les expressions culturelles comme "les expressions qui résultent de la créativité des individus, des groupes et des sociétés et qui ont un sens culturel".

A l’échelon de notre département c’est effectivement le citoyen seine et marnais et la construction de son identité culturelle, à travers ses pratiques artistiques, qui sont au cœur des préoccupations des militants, bénévoles ou professionnels, qui animent les structures adhérentes au Pince Oreilles. Leur engagement est d’ailleurs aussi "acte de citoyenneté".

Le Conseil Général de Seine et Marne a décidé de s’emparer encore plus activement de ces

enjeux : le 02 février 2008, un essai décisif sera marqué en Seine et marne. En effet, le réseau Pince oreilles et l’institution départementale signeront une convention d’objectifs et de moyens qui permettra à notre association de mieux répondre aux besoins des structures et des artistes. Plus globalement, cette relation nous engage à participer à la construction d’une politique culturelle cohérente en matière d’aménagement du territoire. Un rapprochement précieux afin d'aborder des chantiers ambitieux en ces temps pourtant bien difficiles.

 
Grégory Jurado - Président du Pince Oreilles

 
(1) Rapport sur le soutien de l’Etat aux musiques dites actuelles (M. Berthod et A.Weber, mai 2006)

(2) Conseil Supérieur des Musiques Actuelles (installé le 16/01/06)

(3) Document cadre de la LOLF (Loi Organique relative aux Loi de Finances), p.136

(4) Cf. http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/index-lettre2mission07.htm.

(5) Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005)

Jeudi 14 février 2008 4 14 /02 /2008 23:24
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