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Soyons pragmatiques... Les colloques, rencontres, réunions, états des lieux, diagnostics, éditos et autres analyses se comptent maintenant par milliers. Qu'en ressort-il ? Toujours le même constat : malgré quelques soubresauts ces 15 dernières années les musiques actuelles n'ont pas réussi à violer le continuum espace-temps des politiques culturelles telles qu'elles sont menées depuis maintenant 50 ans en France. Bien sûr des équipements ou des projets ont vu le jour et un certain nombre d'initiatives ont été, plus ou moins volontairement et intelligemment, soutenues. Ce développement a notamment été rendu possible grâce au volontarisme de certaines collectivités territoriales et à l'implication de citoyens bénévoles ou professionnels (eux-mêmes le plus souvent bénévoles tant la mobilisation nécessite un investissement qui dépasse largement le temps de travail rémunéré). Mais soyons sérieux et prenons de la hauteur... la situation reste totalement insatisfaisante au vu du grand paradoxe qu'elle porte en elle.

Les musiques actuelles restent considérées comme un champ artistique mineur qui concerne pourtant directement une large part de la population (écoute de musiques, pratiques...) et pourrait en concerner une part encore plus large si l'on considère qu'elles sont une alternative à l'uniformisation musicale galopante engendrée par les objectifs lucratifs de quelques multinationales du disque ou de la communication.


Ainsi les projets développés par les acteurs des musiques actuelles (petites salles de diffusion, espaces de pratiques, accompagnement des pratiques, action culturelle...) répondent à la fois à des problématiques artistico-culturo-sectorielles en favorisant :

-          la pratique amateur

-          la professionnalisation

-          la conjugaison des 2 premiers points...

-          la découverte de nouveaux talents

-          l'innovation et la diversité musicale

-          la diversité des pratiques


Et à des problématiques sociologico-territoriales en favorisant :

-          le lien social

-          la mixité culturelle, sociale et générationnelle

-          le lien avec les jeunes (orientation, santé...)

-          le rayonnement et l'attractivité d'un territoire

-          la rencontre, la convivialité

-          l'implication citoyenne


Cerise sur le gâteau, ces acteurs font pour la plupart partie d'organisations (réseaux, fédérations) permettant la coopération, la mutualisation et la structuration ! Ces organisations favorisent la réflexion collective et finissent par s'auto-missionner sur la production de travaux (observation, analyses, diagnostics...) les plaçant en position d'experts.


Malgré ces états de fait, malgré un ensemble de rapports et documents d'orientation, malgré la création d'un Conseil Supérieur... Rien ne bouge ! Et le traitement des musiques actuelles se heurtent encore et toujours à l'hermétisme des politiques culturelles du ministère ou d'élus de collectivités territoriales qui restent enfermés dans le schéma historique de ces politiques.


Ces enjeux artistiques, culturels, sociaux, territoriaux mérite une prise en compte réelle, pérenne et concertée des pouvoirs publics. Alors que l'on nous parle à longueur de temps de  la nécessité de l'implication citoyenne et des valeurs de la démocratie, la construction des politiques publiques de la culture va-t-elle échapper encore longtemps à ces grands paradoxes qui la constituent ?


Grégory Jurado

Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /2008 00:41
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