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I Les enjeux de la syndicalisation dans les musiques actuelles/amplifiées :

 

Pour différentes raison et en comparaison avec d’autres pays européens, le monde du travail salarial français se caractérise par un taux de syndicalisation extrêmement bas (entre 8 et 10 % des actifs avec des disparités fortes entre le public et le privé).

 

Ce pourcentage est encore plus faible dès qu’il s’agit du secteur des musiques actuelles. À titre d’exemple, le pourcentage du nombre de syndiqués issus des musiques actuelles au sein du SYNPTAC-CGT (syndicat majoritaires des techniciens et administratifs salariés du spectacle vivant) correspond à seulement 2,86 % des adhérents. Tout syndicats confondus, le nombre de syndiqués serait plus proche des 1 % que de la moyenne nationale.

 

Les musiciens issus du rock au sens large du terme, ne sont pas non plus très sensibles à l’adhésion d’un syndicat de salarié. Imprégnée par une culture individualiste et une vision romantique (entretenue par la loi du marché/concurrence), la grande majorité des musiciens professionnels s’y intéressent seulement lorsque le régime de l’intermittence est remis en cause.

 

Cela s’explique aussi en grande partie du fait que le secteur des musiques actuelles est très “ jeune ” au regard de sa structuration professionnelles (à peine une trentaine d’années) et que l’on y trouve des entreprises de petites tailles (effectifs entre 5 et 10 personnes en moyenne). À cela s’ajoute une “ précarité durable ” parmi les personnels techniciens et administratifs des lieux (intermittents et permanents).

 

La création du SMA (syndicat d’employeurs et de cadres dirigeants des musiques actuelles) en 2006 peut donc être considérée comme étant une avancée positive en terme de structuration professionnelle.

 

Cependant, l’action du SMA serait insatisfaisante à moyen terme si parallèlement n’est  pas développée la représentativité des salariés (musiciens, les artistes, les techniciens et administratifs). En effet, au vue de cette situation qui pénalise le développement des structures et des groupes de musiques actuelles, tant sur un plan politique qu’économique, il est nécessaire d’informer sur les fonctions et les missions des syndicats de salariés.

 

II C’est quoi un syndicat ? :

 

Pour le dire simplement c’est quoi un syndicat et à quoi ça sert ?

 

Les syndicats existent officiellement depuis la loi Waldeck-Rousseau (1884) et font partie intégrante du socle du pacte social républicain à travers la reconnaissance du droit syndical dans la constitution de la république française :

 

Pour Synthétiser : Un syndicat est une association chargée de revendiquer et de défendre les intérêts professionnels tant individuels que collectifs de ses membres. Que cela soit dans un cadre national ou bien au sein d’une entreprise (notamment par le délégué du personnel ou syndical).

Il existe aujourd’hui des confédérations de syndicats patronaux (MEDEF, CGPME). Dans le spectacle vivant et les musiques actuelles, nous pouvons citer le Proddis, le SYNDEAC ou le SMA. Ces deux derniers n’appartenant pas à la confédération du MEDEF.

 

Il existe aussi des syndicats de salariés dit corporatistes défendant une seule profession (MG-France pour les médecins généralistes, La FNSEA pour les agriculteurs, etc.) qui n’appartiennent à aucune fédération. Ceux-ci sont d’ailleurs plutôt rares car le paysage syndicale est composé essentiellement de syndicats dit “confédérés” qui rassemble tous les travailleurs par branche d’activité privé et publique (la CGT, CFDT, FO, SUD…).

 

Ce rôle de représentation est reconnu par l’Etat, qui a arrêté la représentativité de 5 confédérations (CGT, CFDT, CFTC, CGC, FO), et qui prévoit les attributions des délégués syndicaux. L’apparition de nouveaux syndicats du type SUD devrait à moyen terme remettre en cause ce principe établi depuis l’après guerre par l’Etat.

 

Les rôles traditionnels et principaux des syndicats de salariés sont de 2 ordres : un rôle de représentation des salariés et un rôle de proposition et de négociation.

 

C’est ainsi que les syndicats s’attachent à garantir les droits des salariés (que ce soient ceux qui ont un emploi ou bien ceux qui en sont privés), en termes de salaires, de droits à la formation professionnelle, des statuts, ou de mise en place de norme de sécurité.

 

C’est essentiellement à travers la négociation collective que s’expriment les revendications et les défenses des travailleurs salariés. Dans la région, la branche productive ou l’entreprise, les négociations menées et signées serviront de base de référence et constituent des conventions collectives applicables à tous.

 

En effet, à la différence d’autres pays européens (Suède, Allemagne, Angleterre…) aux taux élevés de syndicalisation, les non-syndiqués peuvent bénéficier des avantages sociaux obtenus par les syndicats. Cet héritage de l’anarcho-syndicalisme est aussi une exception culturelle française ! A ce titre les reproches récurrents sur les “ syndicats corporatistes ” qui fonctionneraient sur un mode purement “ clientéliste ” relèvent bien souvent du déni et de la malhonnêteté intellectuelle.

 

Par exemple, c’est grâce à la mobilisation massive en mai 68, que tout un pan de la population active a pu bénéficier d’avancées sociales. La reconnaissance du travail salariat et du droit à l’assurance-chômage liée à l’intermittence pour les artistes, musiciens et techniciens du spectacle faisait suite à ce grand mouvement (loi du 26 décembre 1969). Droits régulièrement remis en cause comme l’actualité récente le montre…

 

Les syndicats représentent également les salariés au sein d’organismes sociaux paritaires (ASSEDIC, sécurités sociales, caisses des retraites…) ou bien au sein d’organismes professionnels qui gèrent des taxes ou des cotisations qui sont ensuite redistribués dans le circuit économique du spectacle vivant (Centre national des variétés, ADAMI, AFDAS…). 

 

L’autre exception culturelle du droit français est le conseil des prud’hommes : seul tribunal habilité à régler les litiges individuels relevant du contrat de travail. Cette juridiction est composée paritairement de conseillers salariés et employés élus. Comme on le constate, on retrouve de nouveau la présence des syndicats de salariés au sein de cette instance pour le moins importante.

 

Au niveau des entreprises publiques ou privées, les salariés peuvent être représenté par des délégués du personnel (sans obligation d’être syndiqué) qui ont pour missions, par exemple, de présenter à l’employeur les réclamations individuelles ou collectives relatives aux salaires ou de s’assurer de l’application du code du travail. Les délégués syndicaux assurent aussi ces missions, mais contrairement aux délégués du personnel, ils sont autorisés par la loi pour négocier un accord collectif qui concerne l’ensemble du personnel.

 

Comme on peut le voir, le monde syndical est riche et complexe à l’image de l’environnement juridique lié au travail. Bien difficile parfois de s’y retrouver et de connaître ses droits. C’est pourquoi chaque salarié, quel que soit son statut, peut bénéficier des congés de formations dit “ économique social et syndicale ” (loi du 30 décembre 1985 et article L. 3142-7 du code du travail) lui permettant d’acquérir les informations nécessaires à la défense de ses droits.

 

 

III Principe de coopération dans le tiers secteur :

 

L’adhésion (1 % du salaire net déductible d’impôt) à un syndicat permet de lui assurer une plus grande assises et indépendance financière. Puisque même si les syndicats (employeurs et salariés confondus) peuvent recevoir des dons et des subventions publiques, c’est principalement par les cotisations qu’ils tirent leurs revenus d’existence.

 

Il est donc primordial que les entreprises associatives, publiques ou parapubliques des musiques actuelles, s’approprient réellement le principe de la “ primauté de coopération ” exprimée dans le manifeste de l’UFISC.

 

La représentation et l’implication des salariés (ingé son, régisseur, chargé de relation publique, comptable, musicien…) au sein des conseils d’administration ou dans le cadre de négociations encadrées par la loi s’inscrivent dès lors dans cette logique et de développement économique et social.

 

Par conséquent, les droits syndicaux doivent êtres favorisés et partagés au sein même des structures. Sous peine de déplorer l’absence de propositions nécessaires à la reconnaissance de métiers qui évoluent continuellement, ainsi que des projets artistiques qui animent les équipes et les personnels des lieux.

 

Entre un militantisme “ musical ” qui reste essentiel et un militantisme syndical, se décide d’ores et déjà, la prochaine grande étape politique et professionnelles des musiques actuelles/amplifiées.

 

Marc Bouchet Directeur adjoint/programmateur musical du Sax

 [Préambule repris dans la constitution du 4 octobre 1958 : Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses opinions ou de ses croyances. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix. Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglemente. Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail, ainsi qu'à la gestion des entreprises..]

Article  3.2. Primauté de la coopération

[Les différentes formes possibles de coopération sont le fondement même de toute valeur, tant symbolique, qu’économique, des activités humaines…].[… Plus qualitatif, il repose sur des formes de gestion et d’organisation partagées et solidaires qui privilégient la personne humaine dans toute activité entreprise.]

En conséquence, l’UFISC s’engage à :

3.2.1. – Promouvoir la co-gestion des projets et la gestion partagée des structures comme modes de gouvernance les mieux adaptées aux objectifs de ses membres, et plus particulièrement auprès des entreprises culturelles et artistiques qu’elle représente :

 

– Faire en sorte que les salariés, permanents, temporaires ou intermittents, fortement impliqués dans les structures et les projets soient partie prenante dans leur gestion collective.

- Lutter pour que cette pleine participation des salariés s’inscrive tant dans les usages informels du secteur, que dans son encadrement réglementaire.

Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 23:42
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