Le 26 juin 2009
Les acteurs des musiques actuelles signataires souhaitent faire part de leur inquiétude face à la confusion croissante des pouvoirs publics pour ce qui relève de l’intérêt général et du service
public.
En effet, les financements publics accordés pour le Main Square par le Conseil Général du Pas-de-Calais et le Conseil Régional du Nord Pas-de-Calais en témoignent une fois de plus. Comment
justifier l’octroi de subventions publiques importantes à une opération commerciale portée par une des multinationales les plus puissantes ?
(cf. communiqué du réseau RAOUL)
Pourquoi, en période de tensions et de restrictions budgétaires, appuyer à l’aide de deniers publics des programmes dont la popularité semble justifier par ailleurs des tarifs d’accès prohibitifs
?
Les initiatives dont les intentions de rentabilité et de lucrativité sont à ce point avouées ne doivent-elles pas se réguler par elles-mêmes au regard des lois d’une économie de marché dont le Main
Square se reconnaît pleinement ?
LiveNation, dont ce festival est une opération parmi d’autres, n’a en effet pour seul but que l’enrichissement de ses actionnaires, au détriment de toute notion de diversité culturelle, d’insertion
dans un territoire, de complémentarité avec les acteurs existants ? Quelle notion du service public montre-t-on lorsque l’on agit ainsi ?
Les collectivités prétendent participer au « budget d’accompagnement du festival » (cf. Bernard Roman, premier vice-président du Conseil Régional Nord Pas-de-Calais, chargé des finances) et ne
financeraient donc que le transport gratuit, la gestion de l’hygiène et des déchets, des places réduites pour des publics spécifiques. N’est-ce pas à l’organisateur de déployer les conditions
nécessaires à la bonne tenue de son opération en respectant les normes européennes environnementales, en démontrant de son souci du confort de ses publics et en mettant en place une politique
tarifaire adaptée aux populations du territoire sur lequel il s’implante ? Les collectivités cautionnent ainsi la déresponsabilisation totale de la multinationale qui peut ainsi obtenir une plus
forte rentabilité grâce à l’octroi de fonds publics.
A rappeler qu’une telle démarche entre en contradiction flagrante des réglementations communautaires en matière d’attribution de fonds publics, contradiction qu’il appartient également à tout
contribuable de dénoncer.
Le secteur des musiques actuelles en Nord Pas-de-Calais, à l’image de nombreux autres territoires en France, s’est structuré, avec l’aide des collectivités publiques et de l’Etat, de manière
concertée et en prenant en compte tous les acteurs de la filière musiques actuelles, préservant ainsi la diversité des acteurs culturels, favorisant ainsi une pluralité des offres et des
propositions artistiques, offrant par ailleurs au territoire un rayonnement culturel important.
Cette construction concertée a pour but de servir l’intérêt général d’un territoire, en répondant aux besoins en termes de population, de publics, d’aménagement du territoire, de services offerts,
bref en menant une réelle réflexion quant à l’adéquation entre des énergies privées (les acteurs) et des énergies publiques (l’état et les collectivités) au service du bien commun.
Nous devons ici rappeler que le secteur des musiques actuelles repose sur une économie plurielle et une diversité des initiatives artistiques et culturelles. L’équilibre entre les différentes
initiatives économiques, artistiques et culturelles n’est possible que quand le processus démocratique fonctionne en permettant l’expression de la diversité. Or, dans ce cas de figure encore, cet
équilibre, pourtant déjà mal en point (voir appel du 21 avril 2009) , est totalement mis en danger au nom de l’idéologie de « l’homme économique » et d’une logique économique pourtant à l’origine
des inquiétudes économiques internationales actuelles ?
Nous soulignerons que face aux influences qu'exerce la mondialisation libérale sur les cultures et les échanges culturels, les états et collectivités démocratiques modernes sont confrontés à un
nouveau défi : la définition de politiques visant à assurer la reconnaissance et l’épanouissement de l'expression des différentes formes de la diversité culturelle coexistant sur leur
territoire.
Nous demandons, à la lumière de cet état de fait, aux collectivités accueillant le festival Main Square sur leurs terres de bien vouloir réviser l’aide financière publique qu’elles accordent de
façon injustifiée à une opération commerciale inscrite dans une logique de rentabilité et de profits dont la redistribution ne bénéficiera qu’aux actionnaires de LiveNation.
On peut sinon leur proposer de financer l’installation de toilettes sèches dans les Mc Do ?
Devenir signataire : stephanie.thomas@la-fedurok.org
Contact presse : Stéphanie Thomas – 02 40 48 08 85 – stephanie.thomas@la-fedurok.org
Signataires :
Association Couvre feu & Rutabaga - développer et promouvoir la Culture en milieu rural (44)
Avant mardi- Réseau musiques Actuelles Midi Pyrénées
Combo 95- Réseau des Musiques actuelles du Val d'Oise
Ferarock- Fédération des radios associatives musiques actuelles
FRACA-MA- Fédération Régionale des Acteurs Culturels et Associatifs - Musiques Actuelles
La Fedurok- Fédérations des lieux de musiques actuelles et amplifiées
Le Patch- Connexions amplifiées en Picardie
Le RIF- Réseaux en Ile de France Réseau
R.A.O.U.L- Réseau Associatif des Organisateurs et Utilisateurs des Lieux de musiques actuelles
Rezo Parleur - Musiques actuelles en Franche Comté
Zic zac en lorraine - Fédération des acteurs musiques actuelles en grande région